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Ouvert le 20 juin 2006, le musée du quai branly est un des symbols emblématiques de la culture occidentale. Initié par Jacques Chirac en 1998, le musée du quai branly rassemble des objets (instruments de musique, costumes, armes, arcs, boucliers, coquillages etc) emportés d'Asie, d'Afrique, de l'Océanie et des Amériques. Pour la plupart, les objets proviennent de l'ancien musée des colonies et du musée de l'homme c'est à dire que la majorité des objets exhibés ont été récupéré de force dans un contexte colonial. Le musée du quai branly est l'aboutissement des cabinets de curiosité de la Renaissance, l'Occident y confine des objets non-européens provenant des civilisations qu'elle juge primitives. C'est un lieu où les occidentaux du monde entier viennent assouvir leur besoin d'exotisme.
Construit aux abords de la Tour Eiffeil, le musée se situe à l'endroit même où une centaine d'années auparavant la France exhibait les peuples qu'elle a dominé. Coincidence?! Certainement pas, l'impérialisme aime à se glorifier et à renforcer ses traditions. En effet lors de l'exposition universelle de 1889, au quai de Billy (actuel quai branly), les Africains sont déshumanisés et considérés comme des animaux. Le quai branly est un lieu où les occidentaux se posent en juge face à la culture des non-occidentaux, ils viennent évaluer, observer et sous-estimer les civilisations non-européennes : " L'école et les musées nous enseignent à distinguer en Antique et Primitif. L'art greco-romain incarne une pureté classique censée symbolisée les sources prestigieuses de notre civilisation. Les arts Primitifs évoquent la simplicité et les tâtonnements des origines"[1]. Entouré d'une longue baie vitrée, le musée semble prisonnier. Le bâtiment est suspendu en l'air, on a l'impression qu'il flotte comme un bâteau. À l'intérieur une fois passé le hall d'accueil, le visiteur doit gravir une longue rampe abrupte et irrégulière sur laquelle il marche sur le visage des peuples colonisés qui sont projetés au sol par des caméras. Le visiteur européen est déjà en terrain conquis, le colonisé est déjà à ses pieds. L'accès aux galeries d'exposition se fait par un passage noir, étroit et sombre comme pour donner une impression bizarre au visiteur. Que va-t-il découvrir? Dans le musée règne une atmosphère étrange, l'ambiance est sombre et le lieu est peu éclairé. Tout est mis en place pour donner au visiteur une impression curieuse, étrange et bizarre. Les fenêtres sont recouvertes de grillages: on est enfermé. L'agencement du musée est assez spartiate, il se compose d'une allée principale au centre du musée qui est entourée par les quatre galeries du musée. Dans les galeries, il y a peu d'espace, le visiteur est confiné à l'étroit. Dans l'organisation générale, il n'y a aucune cohérence, c'est un grand bazar, il n' y a pas de sens de visite du musée. Les objets ne sont pas mis en valeur, on les retrouve pêle-mêle. Contrairement aux galeries, l'allée principale est le seul endroit bien éclairé, il donne accès à toutes les galeries, le visiteur peut choisir de "découvrir" le continent de son choix, il peut "zapper" et passer d'un monde à un autre. Comme lors de l'exposition universelle de 1931 où le slogan était: "Vous ferez le tour du monde en un jour", le visiteur pense faire le tour du monde.
L'exposition de célèbre tarzan du 16 juin au 27 septembre 2009 au musée du quai branly est toute naturelle. Nous l'avons déjà démontré, dans l'article "dissection d'une légende: Tarzan le roi de la jungle", pour les occidentaux, Tarzan est une sorte d’ambassadeur de l’Europe en terres sauvages. Sauvage et civilisé à la fois, c’est le symbole fourre-tout. Tarzan est un sur-homme qui dominent les grands singes, maîtrisent les Africains, terrassent les lions, communiquent avec les animaux et l’emportent sur les européens civilisés. Il est donc normal de retrouver le "roi de la jungle" au quai branly, il faut bien que quelqu'un mette un peut d'ordre dans ce bazar quand même!
Source : [1] légende d'une statuette Apolon Vs statuette asmat de nouvelle Guinée lors de l'exposition temporaire "Planète métisse" au musée du quai Branly le 05/04/2009.
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