|
Du 4 juin 2008 au 4 janvier 2009, le spectacle musical sud-Africain UMOJA s'est produit dans plus de 25 pays essentiellement occidentaux (New York, Sydney, Toronto, Stockholm, Londres, Amsterdam, Berlin..). Concrètement il s'agit d'un groupe d'hommes et de femmes Noirs issus des banlieues pauvres de Johannesburg qui s'exhibent en dansant et en chantant devant un public leucoderme. Dans la pensée occidentale, l'homme Noir est un sauvage qui possède des aptitudes physiques qui lui permettent de bien danser, sa musique n'est que l'expression des forces animales qui l'habitent.
En aucun cas l'équipe de deshumanisation.com ne remet en cause le talent des danseurs qui offrent une prestation admirable et chantent à merveille. Seulement leur performance ne fait que répondre aux attentes de l'Europe qui perçoit dans l'homme Noir un nègre-sauvage doué pour la musique et la danse. Génèse du spectacle UMOJA Dans les années 70, des comédies musicales dites "tribales" sont produites comme Ipi Ntombi, Meropa (kwa zulu) et Umabatha, elles sont destinées à un public occidental en mal d'exotisme. Todd Twala et Thembi Nyandeni, créatrices du spectacle UMOJA participent à ces exhibitions qui ne sont que le prolongement des spectacles où 100 ans auparavant on exhibait justement des Zoulous aux Folies Bergère ou des Dahoméens au Casino de Paris... Avec le spectacle Ipi Ntombi, Todd Twala et Thembi Nyandeni partent en tournée à travers les Etats-Unis, en Europe, en Scandinavie, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Au cours de leurs tournées, elles commencent à chorégraphier le fameux spectacle UMOJA. De retour dans leur pays, elles créent Pals of African qui connait un succès en Afrique du Sud et au Swaziland. Pals of African prospère, le spectacle se produit à l'étranger. Elles changent le nom en "Baobab" puis ensuite le baptisent "UMOJA" qui signifie en zoulou "esprit d'unité". Les deux compères prétendent offrir une chance aux gamins défavorisés des quartiers qu'elles recrutent dans les ghettos d'Afrique du Sud cependant elles se rendent complice de l'image avilissante de l'homme Noir en Occident. Le succès du spectacle est tel qu'elles sont contraintes de former deux groupes supplémentaires pour répondre aux demandes internationnales. Le groupe UMOJA n'est pas unique c'est belle et bien une entreprise. L'Occident ne se lasse pas de l'homme Noir dans la posture du nègre-sauvage. La fameuse troupe UMOJA s'est exhibée de nouveau du 19 décembre 2009 au 3 janvier 2010 au Palais des Congres de Paris.
En Afrique, la musique et la danse possèdent une force spirituelle et métaphysique qui permet de rentrer dans la vibration du monde. La musique est une énergie, une force de cohésion initiatique, elle est un moyen d'entrer en contact avec les ancêtres. Dans le spectacle UMOJA, toutes ces danses, tous les tapements de tambours, toutes ces musiques, toutes ces vibrations sont détournés de leur sens premier. Bien que certaines chorégraphies du spectacle représentent des danses rituelles zoulous, elles sont malheureusement dépouillées de leur véritable sens pour divertir un public leucoderme. Le Roi Shaka Zulu doit être bien triste de voir ce que les descendants de son peuple font de la musique et des danses élaborées à son époque. Todd Twala et Thembi Nyandeni ne font que pervertir le message originel de la musique et des danses initiales. Le spectacle Umoja se compose de nombreuses danses zoulous qui sont exécutées avec des costumes traditionnels c'est pourquoi les hommes et les femmes sont à moitié nus comme si ils étaient sous le chaud climat de l'Afrique du Sud. En revanche pour l'Occident, l'homme Noir et la femme Noire restent des objets sexuels. Comme hier dans les villages nègres ou dans les zoos humains, les Européennes se rincent l'oeil devant la musculature des Africains (torse nu) pendant que les Européens admirent les seins dressés et les fesses rebondis des femmes africaines. Évidement l'Occident ne peut pas admettre sa fascination vis-à-vis de l'homme Noir c'est pourquoi elle le diabolise en permanence en déclarant qu'il reste un sauvage. Ces exhibitions sous formes de spectacles comme UMOJA permettent de satisfaire le voyeurisme européen sans être démasqué : « Empaquetés dans leurs costumes anthracite, étoufféees dans les corsets qui leur compriment la poitrine, bourgeois et bourgeoises regarde le corps du « nègre » ou de la « négresse » comme un corps libre et offert...Tandis que les torses musclés des catcheurs noirs ou des guerriers zoulous en font, dans les imaginaires, des étalons de premier ordre, la danseuse suave, les petits seins dressés, incarne la sensualité la plus torride »[1].
Le regard du public européen ne fait aucune différence entre les Noirs exhibés hier dans les zoos européens et les Noirs sur les scènes de théâtre aujourd'hui. Le décor change mais les exhibés restent les mêmes et ils sont perçus de la même façon. Pour preuve, il suffit de lire les critiques de la presse en 2008 pour s'en convaincre: - "Ils dansent comme des démons, chantent comme des anges et jouent du tambour comme des magiciens possédés"2 The dailytelegraph, Angleterre. - "UMOJA, le sortilège africain" Bild, Allemagne. - "Ils ont le rythme dans le sang" Bild, Allemagne. - "Exotique, sexy et joyeux" National Post, Canada. - "Magnifique! Fabuleusement athlétique! De fantastiques voix!" The Province, Canada. - "C'est la vraie Afrique" The Stan, Afrique du Sud. - "Superbes chorégraphes, excellents jeux de jambes et des a capella à vous couper le souffle" South China Morning Post, Chine - "ce chatoyant musical, irrésistible et diablement énergique, qui a déjà triomphé dans plus de 25 pays." Fnac, spectacle UMOJA. Bien que UMOJA se définisse comme un spectacle musical culturel qui présente l'histoire sud-africaine et des danses traditionnelles, le quotidien direct Soir du jeudi 15 mai 2008 place le spectacle dans la page des sports. Évidemment pour l'Occident, UMOJA est une prestation athlétique et n'a rien voir avec la culture! Sources: [1] Sylvie Chalaye,Théatre et cabaret : le « nègre » spectacle, dansZoos Humains, Paris, La Découverte, 2004, p300. [2] Dossier de presse du spectacle UMOJA.
|
mais que dire alors des défilés de costumes et binious des festivals interceltiques,ou nuits celtique au stade de france,des festivals folklo de chaque été, et quel en est le véritable sens ?
"objets sexuels" , "voyeurisme"... les danseuses seraient peut être plus convenables si elles portaient des "robes missions", si les danseurs cachaient leur musculature si excitante ! La perversion n'est elle pas dans cet article lui même ?
Le regard du public occidental a peut être un peu évolué depuis l'exposition coloniale, non ?..
Quand aux "exibés", il faudrait leur demander ce qu'il en pense eux mêmes..
On pourrait aussi regarder ce spectacle comme un simple divertissement de grande qualité, et sans oublier les vrais traditions des vrais gens, et les difficultés de l'afrique contemporaine.
Au fait, ya quoi ce soir à la télé ? le zoo humain ?!
Nous vous remercions de votre commentaire. Rassurez vous il n'y aucune rancune dans notre article. Le site deshumanisation.com a pour but de montrer à quel point l'image de l'homme Noir en Occident est néfaste et avilissante. A travers le spectacle UMOJA, l'homme Noir est toujours perçu comme un nègre-sauvage doué pour la musique et la danse, c'est bien là le problème.