Déshumanisation : une longue tradition occidentale depuis l'antiquité Imprimer Envoyer

deshumanisation, zoos humains, esclavage  Dans le berceau septentrional, l’homme vaincu ne peut plus conserver son statut d’être humain, il faut clairement distinguer le vainqueur du vaincu, le dominant du dominé, donc le vaincu est dépossédé de son statut d’être humain, il est évincé de l’humanité. Il n’est plus reconnu comme un homme, on lui confisque arbitrairement sa dignité  d'être humain. En définitif il devient un bien, une pièce cheptel comme n’importe quel autre animal, c’est tout sauf un homme à part entière. Dans la Grèce antique, société « esclavagiste » par excellence et source philosophique de l’Occident, un homme asservi représente un objet vivant : « quelqu’un revendique comme son bien à lui, un être vivant, quel que soit cet être»[1]. Dès l’antiquité, l’homme assujetti n’est plus tout à fait un homme, c’est un sous-homme qui est destitué au rang d’objet, de chose, de « bien meuble », d’animal, d’être « inférieur » : «Il y a dans l’espèce humaine des individus aussi inférieurs aux autres que le corps l’est à l’âme ou la bête à l’homme (…) ces individus sont destinés par la nature elle-même à l’esclavage (…) L’esclave est un objet animé que l’on utilise comme un instrument supérieur à tous les autres.(…) Et du point de vue l’usage, il n’y a guère de différence entre les esclaves et les animaux. C’est donc dans l’ordre de la nature qu’il y ait une différence entre les corps de l’esclave et ceux des hommes libres » [2].

 

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  Ethymologiquement, le mot " esclave" est d’origine purement occidental, il décrit donc une réalité qui est propre au monde septentrional, il désigne initialement des populations européennes païennes mis en servitude par d'autres européens. L’esclave est un être humain qui est totalement privé de liberté, il n’a plus aucun droit de propriété et il est dépossédé de son statut de citoyen libre. Cependant il faut garder à l’esprit que la notion d’esclave est un état ou une condition temporaire d’un individu, c’est un état transitoire et non un état permanent. C'est-à-dire qu’un homme libre peut devenir une esclave et inversement. Personne ne naît esclave, à l’exception des individus nés de parents eux même esclaves dans une société esclavagiste où les descendants sont arbitrairement esclaves à la naissance. Pour éviter tout ambiguïté, vous trouverez dans les articles du site internet deshumanisation.com des expressions plus précises comme « l’homme asservi », « l’homme dominé », « le vaincu » qui évoquent véritablement l’état transitoire de la condition d’esclave et expriment bien mieux la réalité du mot « esclave ». Aujourd’hui le terme passe totalement sous silence cet état transitoire qui est alourdi par le poids de l’idéologie occidentale qui a fini par convaincre que esclave = homme non blanc or la réalité historique est bien différente. Le rapport de force dominant/dominé inhérent à la nature est à la base de la perception du monde des occidentaux. C’est l’un des fondements de l’idéologie occidental qui a engendré une vision dichotomique et une conception binaire du monde. L’homme est toujours en conflit, il s’oppose en permanence à la nature ou à ses semblables. En effet pour lui dès l'origine l’espèce humaine est divisé en deux catégories « nous » les membres du clan et « eux » c'est-à-dire les autres bandes rivales d’où la dichotomie des êtres humains qui en découle. Les Grecs se considéraient différents des autres, il y avait d’une part « nous » les Grecs et d’autre part « eux » les Barbares (mot qui provient du grec barbaros) qui signifie tous les autres peuples non-grecs. Cette perception dichotomique du monde a donné naissance par la suite à la notion de duel systématique, la hiérarchisation des hommes (homme/sous-homme), la dialectique maître/esclave puis le concept de supériorité/infériorité, un des concepts de prédilection de l’Occident.

 

deshumanisation, zoos humains, esclavage   Dans la Rome antique, Cicéron prétend qu’il existe des : « Nations nées pour l’esclavage » [3]. A cet époque, l’homme asservi appartient à une autre espèce, il est perçu comme une seconde espèce humaine : « quasi secundum hominum genus sunt » [4]. Pour les Romains l’homme asservi est désigné par les termes « diminuti capitis » dans le droit romain. En d’autres termes l’homme assujetti est une personne incomplète, un homme diminué. Afin de légitimer le droit d'exploitation de l’homme par l’homme, l’Occident impose la négation de l’humain, il nie l'humanité de l'homme asservi c'est-à-dire que l’on ne lui reconnaît plus aucune intelligence. Le déni de son intelligence justifie son avilissement, elle permet de le considérer comme un objet de commerce dont la possession parait aussi naturelle que celle d’une chose quelconque.

La falsification de l’histoire a souvent imbibé les esprits de mensonges insipides, nous rappelons juste que durant l’antiquité gréco-latine, l’asservissement de l’homme par l’homme est une institution, il fallait bien trouver un prétexte pour légitimer la mise en servitude des êtres humains c’est pourquoi les hommes issus du berceau septentrional invente la déshumanisation de l’homme, c’est cette idéologie qui entraîne par la suite des conséquences considérables. La déshumanisation de l’homme vaincu est une spécificité des peuples du Nord. Dans l’antiquité, la grande majorité des hommes asservis ont un phénotype de type leucoderme, 99,99% des hommes assujettis sont strictement blancs, ils proviennent du Nord et de l’Est de l’Europe.  L’obsession de la couleur de la peau, (phénotype) est entrée tardivement dans la vision occidentale de l’homme, les Anciens Occidentaux n’avaient pas une perception « raciste » du monde : « Les Romains, quand ils luttaient contre les peuples étrangers, ne faisaient pas de distinction entre les Numides (Nubiens) bronzés et les Gaulois aux cheveux blonds. »[5].

 

Sources : 

[1] Platon, Les Lois, XI, 915C. 

[2] Aristote, Politique, IV ième siècle avant l'ère occidentale

[3] Ciceron, De provinciis consularibusLes penseurs occidentaux restent sans conteste les mieux placés

[4] Florus I siècle après l’ère occidentale, (traduction : ils sont presque une seconde espèce d’homme).

[5]  Anténor Firmin, De l'égalité des races humaines, Paris, L'Harmattan, 2003, p123.

 

 

 

Commentaires (7)
7 Mercredi, 14 Mars 2012 15:22
kikou
qu'elle sont les conséquence de la déshumanisation ?
SVP
6 Dimanche, 27 Février 2011 13:08
mze bantu komorian zendji zulu
rentrons tous en Afrique mes frères. c'est urgent.
HOTEP
5 Mardi, 16 Novembre 2010 12:19
céline
Bonjour,
Je comprends le but du site.Je ne le juge absolument pas, et je déteste les gens racistes. Ceci étant dit, je veux juste apporter une note plus juste à vos écrits et remarques.
J'ai longtemps moi-même culpabiliser de la traite des esclaves. Ayant vécue 7 ans de ma vie en Afrique, de voir à quel point les pays occidentaux profitent des ressources naturelles de ses pays.
Cependant , historiquement ce n'est pas quelque chose qu'on l'ont peut attribuer uniquement aux pays occidentaux, à savoir que la traite des esclaves étaient largement exploitée avant les occidentaux par les arabo-musulmans et pendant plusieurs siècles aussi. ( source:" Le génocide voilé " par Tidiane n'Diaye historien Sénégalais)

Cordialement
4 Samedi, 06 Novembre 2010 19:01
kheper
il est nullement question ici de pratiquer exactement le racisme que ce site dénonce,mais bel et bien de dénoncer, des réalités macabres que l'occident à commis.il est tout à fait normal de mettre en lumière ici deux peuples avec des conceptions diamétralement opposées. détrompez-vous l'abolition a été en grande partie un combat incessant gagné de haute lutte par nos ancetres,il faut arreter la mystification avec des personnes comme schoelcher !!!!!!!!!!
3 Samedi, 16 Octobre 2010 19:59
equipe deshumanisation.com
@bolo
Le site deshumanisation.com a pour objectif de mettre en lumière le paradigme occidental afin d'expliquer comment l'Europe a pu mettre en place les Zoos humains au XIX ème siècle.

Notre démarche n'est pas d'opposée les peuples les uns les autres mais de bien mettre en relief les différences culturelles inhérentes à chaque peuple.

Les peuples du Sud ont une perception diamétralement opposée de l'être humain et de l'Homme en général. Dans le berceau méridional, l'homme vaincu n'a jamais perdu son statut d'être humain. Il est certes assujetti à un autre homme, toutefois il conserve sa dignité d'être humain, ses droits etc.

Dans le berceau septentrional, la condition de l'homme asservi est tout autre. L'homme vaincu est immédiatement dépossédé de son statut d'être humain, il perd sa dignité et c'est cette perte qui laisse la place à toutes les dérives possibles et imaginables.

Pour ceux qui est de l'abolition de l'esclavage, les choses sont beaucoup plus compliquées que ceux qu'on essayent de le faire croire aux masses. En revanche il faudrait bien plus qu'un commentaire pour aborder convenablement cette thématique.
2 Samedi, 16 Octobre 2010 07:53
bolo
En opposant les "peuples du Nord" aux autres, voilà que vous pratiquez exactement le racisme que vous dénoncez.
En outre, l'histoire de l'esclavage ne concerne pas que les "peuples du Nord", elle concerne tout autant les peuples "du sud".
Enfin, l'abolition de l'esclavage est le fait d'idées libertaires issues, pour partie, de la révolution française.
1 Vendredi, 20 Août 2010 15:53
Sopi Valery
Ceci expliquant cela, l'effet de causalité est bien désastreux. Nous avons en face de nous un peuple apeuré, qui mord de facto a la première interrogation. Pour nous habitant du continent noir, et nos cousins leucodermes, nos paradigmes respectifs étant totalement aux antipodes des uns des autres, il faille réagir drastiquement : un seul DIEU, un seul BUT, un seul DESTIN…L’AFROCENTRICITE

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