Villages Noirs - Villages Nègres - Déshumanisation - Zoos Humains
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deshumanisation, zoos humains, homme noir, expositions coloniales, ethnographie  Les villages noirs sont l'un des principales moyens par lequel les populations européennes entrent en contact direct avec le peuple Noir. Ces villages nègres se popularisent par des tournées permanentes entre différentes villes de France et d’Europe: «Les anciens ennemies, incarnant la "barbarie" d'hier, devenaient des sujets exhibés, présentant leur musique, leurs danses, leurs sports, leur artisanat et leur nourriture pittoresques »[1].

   À l'image des zoos humains, les villages nègres reconstituent le même univers carcéral dans lequel sont exposés les Africains. Les villages sont toujours entourés d'un enclos, d'un mur, d'une palissade ou d'une haie qui symbolise la frontière entre l'humain (l'européen) et l'animal (l'Africain), il s'agit de la barrière érigée par l'Occident entre ce qu'il pense être la civilisation et ce qu'il pense être la barbarie : « Les villages nègres (ou noirs) sont le prolongement aseptisé des zoos humains de la période précédente, et à la vision violemment humiliante des zoos se substitue une objectivation moins brutale du colonisé, une sorte d'instrumentalisation de son image pour répondre à une nouvelle attente des visiteurs. Il reste inférieur, certes, mais il est domestiqué (tel un indigène sur le chemin de la rédemption coloniale), et on découvre chez lui des potentialité d'évolution qui justifie la geste impériale»[2]. Les indigènes exhibés sont mis à la disposition des Occidentaux qui veulent venir les observer. Ouvert sept jours sur sept pendant des semaines voire plusieurs mois, les villages nègres sont accessibles en quasi-permanence au public pendant les heures ouvrables (ouvert du matin jusqu'à 22 heures voire 23 heures).

 

deshumanisation, zoos humains, homme noir, colonisation, afrique, ethnographie  À travers les villages nègres, il s'agit toujours de l'exhibition d'Africains dans un lieu restreint et fermé. Les exhibés sont consignés dans ces pseudos villages composés de huttes en bois (il s'agit de simples cabanes de planches parfois plâtrées). Ces villages peuvent regrouper entre 50 et 200 personnes, les exhibés ne peuvent en sortir sans autorisation, tandis que les visiteurs peuvent venir les visiter sept jours sur sept. En fait l'innovation dans les villages noirs c'est que le public peut s'approcher plus prêt des exhibés, il peut entrer dans "la cage", il n'a plus aucune inquiétude, les "sauvages" sont en voie de civilisation. Chaque hutte possède un numéro comme les cellules d'une prison. Les seuls sorties concédées aux Africains sont les trajets aller-retour jusqu'à la gare de la ville lors de leur arrivée et de leur départ ou lors des défilés programmés par la ville d'accueil. Ces restrictions ressemblent fortement à celles imposées aux Africains déportés aux Amériques et gardés en captivité sur les plantations, ils leurs étaient aussi interdits de quitter la plantation sans une autorisation écrite de leur maître esclavagiste.

 

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L'architecture de ces villages nègres n' a rien à voir avec la réalité d'une village africain authentique. Les villages sont construits à partir de l’imaginaire occidental. C'est une architecture fantasmée. Tous les villages Noirs sont organisés sur le même modèle, ce sont des reconstitutions standardisées, ils sont souvent réalisés par les ouvriers occidentaux bien avant l'arrivée des exhibés. Ils  sont composés en général d'un porche d'entrée plus ou moins monumental où  l'on trouve sur les affiches le nombre d'individus exhibés ou des évènements particuliers comme une "naissance" etc. Les imprésarios avec leurs "courtiers" sur place en Afrique prennent soin de prendre une ou plusieurs femmes enceintes pour chacune de leur exhibition. Pour l'Europe la naissance d'un nègre est  toujours un événement spectaculaire. 

 

Sources : 

[1] John MacKenzie, "Les expositions impériales en Grande bretagne", Zoos Humains, Paris, La Découverte, 2004, p200.

[2] Zoos Humains, Paris, La Découverte, 2004, p70.

 

Commentaires (4)
4 Dimanche, 23 Octobre 2011 06:16
Abghi
Encore une fois , l auteur joue sur la credulite des gens de cette epoque , alliee a une curiosite malsaine et a la cupidite de certains autres ! Une epoque ou l on exhibait tout ce qui etait different de eux a sacvoir les bossus , les nains , les handicapes , j en passe et des meilleures . La question est : que cherche t on a prouver avec ce genre de sujet ? Fait il avancer les choses ?
3 Dimanche, 16 Octobre 2011 14:52
Goora
L'afrique réceptacle de toutes les folies de l'occident.
2 Vendredi, 23 Septembre 2011 08:02
Lucie
Vomissons ensemble.
1 Mercredi, 27 Juillet 2011 02:37
Wendy
J'ai envie de vomir

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