Zoos humains : des Noirs enfermés dans une cage comme des animaux - Déshumanisation
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Zoos Humains : des êtres humains exhibés dans une cage!
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Zoos occidentaux : espace de déshumanisation

 

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   Dès 1845, Jozef Moller, un Africain de 10 ans dénommé « Jefke of den Zoologië » est exhibé dans le zoo de la ville d'Anvers. Offert par le capitaine Louis Meyer à la Société royale d'Anvers, le "négrillon" est cloîtré dans l'enceine du zoo, il n'est pas autorisé à quitter le périmètre qui lui a été laissé.

  Au zoo de Francfort, des aborigènes du Queensland sont exhibés en mai 1885. Dénommés les Austral Neger, ils sont perçus comme des cannibales, des « wirklich blutdürstige Ungeheuer » c'est à dire de "véritables monstres assoiffés de sang".

  En 1891, des Amazones provenant du Dahomey sont exhibées au Jardin zoologique de Berlin puis au zoo de Francfort.

  En Belgique, la société royale de géographie importe douze congolais dont cinq hommes, cinq femmes et quatre enfants pour les exhiber au public belge. Ils arrivent le 12 mai 1885 et sont affublés de costumes de clown afin de mieux les ridiculiser et les humilier. Neuf ans plus tard, ce sont cent quatorze Congolais qui sont exposés à Anvers en pleine ville devant le musée des beaux-Arts.

  À Madrid en 1900, ce sont trente Inuits, hommes, femmes et enfants, provenant de la péninsule du Labrador (Canada) qui sont exhibés dans les jardins madrilènes du Buen Retiro à la vue de tout le monde.

   En 1909, des Touaregs sont exhibés au boulevard de Clichy à Paris.

zoos Humain, esclavage, colonisation, exhibition, ethnographie   Aux Etats-Unis en 1906, un Africain Ota Benga, un « pygmée » provenant de l’ancienne colonie belge du Congo, est exhibé par la société Zoologique du Bronx de New York pendant deux semaines. Il est exposé sous un panneau indiquant sa taille et son poids dans une cage avec un orang-outang comme camarade de cellule. Ensuite il est exhibé à la foire internationale de Saint Louis dans l’état du Missouri où chaque jour pas moins de 40000 spectateurs se déplaçaient pour l’observer. La vie de Ota Benga est inhumaine, exposé comme un animal, les visiteurs le perçoivent comme une bête. Il est harcelé par le public à tel enseigne qu’il met fin à son calvaire en se suicidant en 1916.

 

 

 

Cas du Jardin d’acclimatation du Bois de Boulogne : véritable « Zoo humain ».

 

  De 1877 à 1931 (et même après), le Jardin zoologique d'acclimatation de Paris devient le sanctuaire de la déshumanisation en France. L'Occident ne cesse d'y exhiber des êtres humains comme des bêtes de foire pour le plaisir et le divertissement de la masse européenne.

 

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• Au mois d’août 1877, des Nubiens sont exhibés au jardin d’acclimatation de Paris. Pour la plupart des Européens ce ne sont pas des hommes ce sont des « êtres étranges »1. Ce groupe de quatorze êtres humains est montré, palpé, mesuré, dénudé comme des animaux selon les exigences de l’Occident : « La peau est relativement d’un beau bronze rouge très douce et très fraîche au toucher ; les dents sont superbes. » [2].

• L’hiver de 1877, c’est une famille d’Inuits appelés péjorativement par les Occidentaux les Esquimaux (qui signifie "mangueur de viande cru") qui est exhibée au zoo du bois de Boulogne, deux jeunes garçons puis un couple avec ses deux filles de quatre et un an.
Après les Nubiens et les Esquimaux, ce sont les Lapons qui sont exhibés au jardin d’acclimatation en hiver 1878 pendant trois mois.
• En 1879, c’est la nouvelle exhibition des Nubiens au Zoo de Paris.
• Ce sont onze habitants de la Terre de Feu, en 1881 quatre hommes, quatre femmes et trois enfants, ils sont appelés les Fuégiens (nom attribué par le capitaine Weddel en 1822 ) : « la foule …se presse aux grilles comme devant des animaux extraordinaires. »[3].  Dans la rédaction des articles de l’époque, les peuples sont considérés comme des animaux : « Tout le monde a entendu parler des sauvages qui sont actuellement pensionnaires du Jardin zoologique d’Acclimatation du Bois de Boulogne »[4].
• Les Galibis appelés les amérindiens Kalina (peuple originaire de Guyane et du Surinam) sont exhibés en 1882. Près de 400000 européens assistent à cette exhibition.
• En 1883 on exhibe quatre groupes humains la même année au Jardin.
- En juin ce sont les Cinghalais (Ceylanais) peuple indien qui sont exhibés avec des éléphants. On représente treize hommes de 16 à 55 ans, cinq femmes de 20 à 40 ans et trois enfants de deux mois et demi à sept ans. Comme en Allemagne avec Hagenbeck, la France procède à l’exhibition collective d’êtres humains avec des animaux.
- Ensuite deux familles d’indiens Araucans emmenés des Andes (Amérique du Sud).
- En août ce sont les Kalmouks de Sibérie.
- En octobre ce sont les peaux Rouges, quinze Amérindiens du Nebraska (Amérique du Nord) qu’on emmène au zoo : « la physionomie est grave, impassible d’ordinaire, mais devient féroce sous l’influence de la passion »[5].
En une année près de 917 501 européens se sont déplacés pour voir des êtres humains exhibés dans un zoo.
• En 1886 c’est l’exhibition de nouveau des Cinghalais au jardin d’acclimatation. Déjà exhibé en 1883, on les ramène pour une nouvelle exhibition plus importante au total soixante-dix Cinghalais dont cinquante sept hommes et treize femmes avec des animaux autochtones de l’Inde : 12 éléphants, 14 zébus et d’autres animaux…Le Zoo Humain prend peu à peu une allure de cirque, une représentation met en scène des éléphants puis des numéros de charmeurs de serpent, des courses de chariots tirés par les zébus.
• En 1887 ce sont les Achantis qui sont exhibés au Jardin, douze hommes, huit femmes et jeunes filles sont montrés au public comme une « curieuse population » .
• En juillet 1888, on emmène des Khoïsans baptisés par les Occidentaux les Hottentots : six hommes, trois femmes et deux enfants sont exhibés. En fait ce sont des êtres humains qui viennent d’Afrique du Sud. Il est important de rappeler que souvent le nom par lequel ils sont désignés est souvent inventé par des savants occidentaux qui n’ont aucune véritable connaissance du groupe humain concerné. En effet le terme Hottentot n’a aucun signification en Afrique du Sud.
• En 1889, ce sont les cosaques du Kouban et les lapons de Norvège qui sont exhibés en décembre au Jardin.
• En 1890, on exhibe les Somalis au Jardin d’acclimatation : vingt-six êtres humains, hommes, femmes et enfants sont assujettis au regard du public : « une exhibition ethnographique des plus curieuses »6 selon le prince Roland Bonaparte.
• Au printemps 1891, cinquante Amazones du Dahomey à Paris sont exhibées au Jardin d'acclimatation de Paris qui reçoit 959 430 visiteurs dont le président de la République Sadi Carnot .
• En 1892, les amérindiens Kalina ou Galibis sont de nouveau exhibés.
• En 1902, ce sont les Indiens du Sud appelés les Malabares qui sont exhibés au Jardin, devenus les acrobates de l'empire français.
Malabare : nom donné aux habitants du Malabar, région du Sud Ouest du Decan. Pendant la colonisation nom générique désignant tous les Indiens du Sud.
• On exhibe le peuple Achanti en 1903. Après la défaite militaire du peuple Achanti contre le les Anglais, ils sont exhibés en Europe tout comme du temps des Romains où on humilie les vaincus en les faisant parader.
• En 1906, une centaine d'Hindous provenant du Sud de l'Inde sont de nouveau exhibés au Bois de Boulogne.
• En 1931, les Canaques (peuple de la nouvelle Calédonie) sont exhibés au Jardin d’acclimatation. Considérés par l’Occident comme des sauvages anthropophages polygames, ils sont isolés dans une partie du zoo, et il faut payer un supplément pour y avoir accès. Le visiteur a droit à un prospectus d’information spéciale sur le cannibalisme.
 

Sources :

[1] Girard de Rialle, Les Nubiens du Jardin d'acclimatation, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, Paris, Masson, 1877.

[2] Op. Cit.

[3] Paul Juillerat, Les Fuegiens du Jardin d'acclimatation, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, Paris, Masson, 1881.

[4] Op. Cit.

[5] Girard de Rialle, Les Peaux Rouges du Jardin d'acclimatation de Paris, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, Paris, Masson, 1883.

[6] Prince Roland Bonaparte, Les Somalis du Jardin d'acclimatation de Paris, Bulletins de la Société d'anthropologie de Paris, Paris, Masson, 1890.



 
 

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